Récemment, mon iPhone a saturé. Étonnée, d’autant plus que sa capacité de stockage est conséquente, j’ai regardé ça de plus près. Aïe. Pas moins de 16 399 photos, occupant 32 Go d’espace.
La seule solution était de faire un grand tri numérique. Honnêtement, je m’attendais à une tâche fastidieuse. Mais en remontant le fil des semaines, des mois, des années, je me suis retrouvée plongée dans une succession de moments oubliés. Je ne parle pas ici des grands événements comme les mariages, voyages marquants ou remises de diplômes. Ceux-là étaient déjà bien ancrés dans ma mémoire.
Je pense plutôt à ces petits moments, glissés au cœur de journées ordinaires où, en apparence, il ne se passait pas grand-chose. En parcourant ces photos, j’ai ressenti une forme de joie, sans vraiment savoir pourquoi. Rien d’étonnant, parce qu’une étude menée par Fujifilm a montré que regarder d’anciennes photos favorise un sentiment de bonheur et de calme.
J’ai souri en retombant sur une photo floue d’une paire de baskets lilas, aperçues dans une vitrine, que j’avais envoyée à ma meilleure amie, dingue de violet. Elle m’a immédiatement ramenée à ce moment, à sa réaction enthousiaste quand elle avait reçu la photo, des années plus tôt. Une autre montrait un ancien collègue favori, posant devant un street art un peu absurde, près de notre bureau. À l’époque, je ne savais pas que ce serait la dernière fois que je le verrais pendant près de dix ans, puisqu’il est parti vivre aux États-Unis peu après.